« Accompagner ces deuils est pour moi un engagement profond : faire en sorte que, même dans l’adieu, l’humanité reste au centre »
Qui es-tu, quel est ton métier ?
Je m’appelle Stella. J’ai 59 ans.
Lorsque je regarde mon parcours, j’y vois un fil discret mais constant : celui de la présence aux moments où la vie tremble. Très tôt, j’ai compris que ce qui m’anime est l’accompagnement des deuils — ces instants où la vie bascule, se transforme, se dépouille pour révéler l’essentiel.
À la croisée de l’artistique et du relationnel, mon chemin s’est d’abord déployé comme comédienne-clown en milieu hospitalier, auprès d’enfants et de personnes âgées. J’y ai découvert la force de la présence, de l’écoute et du lien, même au cœur de la fragilité. Cette expérience a profondément façonné ma manière d’habiter le monde.
Aujourd’hui, coordinatrice d’un pôle ressources de proximité dédiée aux personnes âgées et aux aidants, je poursuis cet accompagnement des passages de la vie.
En Sud Gironde, j’ai participé à la création de la démarche innovante « Osons les Derniers Jours Heureux ». Une initiative née d’une volonté collective : libérer la parole autour de la mort, ouvrir des espaces de réflexion, permettre à chacun de faire des choix éclairés pour ses derniers moments.
C’est dans cette dynamique que j’ai rencontré la coopérative Syprès. Une rencontre portée par des valeurs de coopération, d’engagement citoyen et d’innovation sociale. Ensemble, nous avons expérimenté de nouveaux chemins, notamment à travers un « Parcours des dernières volontés ».
Pourquoi es-tu impliquée dans Syprès et sous quelle forme ?
Je me suis donc formée pour devenir célébrante funéraire. J’ai ensuite rejoint la coopérative Syprès.
En parallèle, je développe des cérémonies laïques au sein d’un EHPAD en Sud Gironde, afin d’accompagner, par un rituel collectif, le départ de chaque résident.
Au sein de Syprès, je co-crée avec les familles des cérémonies singulières, porteuses de sens et de beauté.
Des rituels cousus sur mesure. Des instants qui honorent une histoire et soutiennent le passage.

Pourquoi est-ce intéressant d’accompagner des familles dans ce moment particulier ?
Au fil de ces expériences, une conviction s’est affirmée : la cérémonie funéraire est un acte profondément vivant.
Le rite funéraire est, pour moi, un temps essentiel d’humanité. Un temps pour reconnaître la singularité d’une vie, pour dire, pleurer, remercier, célébrer. Un temps pour faire communauté autour de l’absence. La cérémonie ouvre un espace symbolique et collectif où les émotions peuvent circuler, où le passage devient partageable, où les vivants peuvent amorcer leur chemin de deuil.