Qui es-tu, quel est ton métier ?
Je m’appelle Caroline Lemignard, je suis comédienne, clown et metteur en scène.
J’ai le sentiment que très tôt, j’étais déjà travaillée par les questions existentielles : la Mort, la Liberté, la Solitude et le Sens de la vie.
C’est ce qui m’a sans doute mené au théâtre.
L’histoire du théâtre occidental débute avec les cérémonies religieuses de la Grèce antique. Le théâtre vient du dithyrambe, chant en l’honneur de Dionysos. Dionysos étant le dieu du théâtre et des enfers. La conscience que les hommes ont de la mort, leur a fait imaginer la métaphysique et tous les mythes de survie et à partir de là, la culture s’est inventée. Enfin, c’est cette histoire-là du théâtre qui m’a parlé.
Puis j’ai creusé la piste du profane et du sacré à travers le clown existentiel, jusqu’au clown relationnel en milieux de soin, où je suis confrontée à la maladie et à la mort.
Pourquoi es-tu impliquée dans Syprès et sous quelle forme ?
À force de créer des spectacles sur la mort, ou d’être sollicitée pour écrire, jouer, mettre en scène des spectacles en hommage à nos absents, que ce soit dans l’espace public, ou dans un cimetière, c’est tout naturellement que j’ai rencontré Syprès sur mon chemin.
J’ai été formé par Syprès pour devenir animatrice de Cafés mortels, et pour devenir Célébrante funéraire laïque. Je suis très heureuse de faire partie de ce projet coopératif depuis 2023.
Ces quelques mots de Bernard Crettaz font grand sens pour moi : « Un rite est une cérémonie relevant du théâtre, déployant une mise en scène où opèrent des gestes, des paroles et des actions partagés par la communauté. Ce théâtre sacré a pour fonction de suspendre le temps et de permettre de façon quasi-magique, d’ouvrir ce qui s’effectue au cœur de la condition humaine : la métamorphose et le passage. »
