
Qui es-tu ?
Je suis Aurore Sciacca, j’ai 35 ans. J’ai travaillé pendant 10 ans dans l’animation socio-culturelle auprès de publics en situation de vulnérabilité. Un des sujets qui revenait constamment quand j’animais des espaces de parole collectifs sur la santé mentale, c’était le deuil. Bien qu’intime, l’expérience du deuil est universelle et j’ai été surprise de constater le sentiment de solitude et d’isolement des personnes endeuillées. Comme si l’expression de leur deuil n’avait plus place dans la société une fois les obsèques passées. D’ailleurs quand on creusait le sujet, la question des obsèques revenait souvent. Pour l’avoir expérimenté personnellement et en discutant dans ces temps collectifs, j’ai réalisé à quelle point la cérémonie d’au revoir peut avoir un impact sur le processus de deuil. Le sujet m’a vite passionné, au point que je me suis formée pour devenir célébrante funéraire laïque et accompagnante du deuil.
Comment as-tu rejoint Syprès ?
Au sein de la coopérative funéraire Syprès, je suis célébrante laïque, parfois maître de cérémonie et conseillère funéraire selon les besoins de l’activité. Quand je me suis intéressée au domaine du funéraire, la rencontre avec Syprès a été une évidence. D’abord sur la forme, un projet porté par un collectif de citoyens qui propose un service funéraire mais aussi de remettre le sujet de la mort au coeur de la société, ça m’a tout de suite parlé. Puis sur le fond, la manière dont Syprès accompagne les familles en mettant l’humain au centre et en proposant du sur-mesure est totalement en phase avec mes valeurs. Je me suis donc formée auprès de la coopérative et j’ai mené des actions bénévoles au sein du collectif avant d’intégrer l’équipe de célébrant.es.
Qu’est-ce qu’il te semble important dans le métier de célébrant ?
Il est nécessaire d’accompagner les familles dans ce moment si important car à mon sens la cérémonie peut être un passage, le premier pas sur le chemin du deuil. Mais pour que cela s’opère, nous avons besoin d’une cérémonie incarnée, qui est porteuse de sens et qui ressemble au défunt et à ses proches. Parce que l’idée est bien sûr de rendre hommage à la vie du disparu mais c’est avant tout un moment à destination des vivants. Cette traversée, elle débute dès le premier entretien avec la famille. Les accompagner dans la co-construction de la cérémonie, avec écoute et empathie, c’est leur permettre, à leur rythme et selon leurs besoins, de s’approprier ce moment douloureux. Quand on perd un proche, on peut ressentir un vrai sentiment d’impuissance. Alors raconter son histoire, imaginer des rituels personnalisés, peindre son cercueil; c’est reprendre un peu de pouvoir sur cette expérience plutôt que de subir une cérémonie froide et impersonnelle, pour en faire un moment qui pourra, peut-être, avec le temps, devenir un souvenir doux et lumineux malgré la peine.